Beauté fatale

La difficulté d’être belle

Écrire sur la difficulté d’être belle, c’est risquer de parler d’un problème qui n’en est pas un, c’est presque se préoccuper d’une question ridicule qui n’a pas lieu d’être, c’est le risque de passer pour narcissique ou prétentieuse. « Bah oui voyons ! De quoi elle se plaint celle-là ! » Diront-ils.


Pourtant, je sais de quoi je parle : je suis belle et je ne l’assume pas. Ou plutôt, on m’a appris à ne pas l’assumer, à ne pas en faire « trop ».

Parce qu’être belle, c’est risquer d’attirer la jalousie, voire la haine des autres femmes d’un côté, et de l’autre d’attirer le regard des hommes : regards pesants, oppressants voire même pervers, si ce n’est parfois violents.

   J’ai ainsi longtemps vu la beauté comme un cadeau empoisonné car l’injonction paradoxale qui l’enrobe est intenable : sois belle mais surtout ne jouis jamais de ta beauté. Je suis belle, mais pour les autres seulement. Si j’aime ma beauté alors je suis narcissique, vaniteuse, j’en deviens moche. Dans les Walt Disney de mon enfance ou même les comédies romantiques pour femmes désespérées, l’héroïne est toujours très belle mais « sans le savoir ». Elle est grande, fine, élégante, gracieuse, parfaite…Mais « sans faire exprès ». Elle suscite le désir sans s’en rendre compte. Cela émane d’elle, sans qu’elle ne fasse rien.

   Et dans la « vraie » vie ? Celle de tous les jours, où la femme se réveille sans maquillage et sans brushing, où avoir un « corps parfait » est une obligation sociale qui se fait non sans peine et sans haine de soi et où, le plus souvent, les prix des cosmétiques et de l’épilation sont inaccessibles à bien des femmes, dont la réalité économique diffère quelque peu de celle de Carry Bradshow, héroïne de la série « Sex and the City ».

   Pour ma part, j’ai vite compris que j’étais jolie, de par mon entourage qui s’extasie et qui aime souligner cette qualité tant espérée pour une jeune fille, et aussi par le regard des hommes qui vous renvoie votre capacité de séduction, à l’adolescence et plus tard. Et puis, il y a les magazines, la télé. Vous remarquez que votre physique correspond aux critères culturels et arbitraires de la beauté de votre pays…

   Il existe bien évidemment de très belles femmes qui ne le savent pas, car leur entourage ne leur a jamais dit ou leur a même fait penser le contraire. Mais pour moi ce fut très simple, mes proches ou même de parfaits inconnus me le répétaient et me le répètent régulièrement.

   Et pourtant, l’assumer est un vrai combat, un combat intérieur entre mon impression profonde de vouloir en jouir et le doigt accusateur de la société qui se réveille alors et que j’ai docilement intériorisé.

Il en reste une impression confuse. C’est comme si vous aviez fait un délicieux gâteau, avec amour, et que vous n’aviez pas le droit d’en profiter. De tout cela ressort une frustration diffuse et une impression amère difficilement identifiable.

   Personnellement, j’ai fait exactement ce que la société m’a dit : j’ai oublié ma beauté, je me pensais même moche jusqu’à ce que je tombe sur un miroir ou une vitre et que, toute étonnée, je redécouvre ma beauté ! Je repartais alors gaiement pour oublier cinq mètre plus loin la beauté rencontrée dans le miroir ou la vitre plus tôt. J’ai même fait encore mieux, bonne élève que je suis, je me suis fait de bien moches boutons d’acné ! Comme ça, quand je rencontrais un miroir, je me trouvais vraiment moche, j’ai réussi, par le simple pouvoir de mes pensées, à m’enlaidir, pas trop, mais un peu quand même. (Je pense, en effet, que mon acné était psychosomatique). Du coup, je détestais mes boutons, mais au fond, je les préférais à cette amertume secondaire qu’offrait la beauté. Il faut bien avouer que c’est bien triste comme constat…

   D’où mon envie d’écrire sur ce brouillard qui entoure la beauté physique, afin de le dissiper et de rendre aux femmes la liberté de jouir de celle-ci, d’en faire une force, une inspiration pour les autres et ainsi, éviter les écueils d’une beauté mal assumée et consumériste.

   Quand on se concentre sur le « concept de beauté », on trouve un grand nombre d’idées reçues, de clichés, d’obligations tacites qui, le plus souvent, laissent la belle jeune fille aux prises avec une culpabilité qu’elle ne comprend pas. Car c’est ça le plus terrible, ce sont tous ces non-dits autour de la beauté, toutes ces peurs qu’elle suscite, qu’elle attise et qu’une femme belle se prend en pleine figure.


Prenons chaque idée préconçue et dépoussiérons là.

« Être belle, c’est être narcissique. »

   Premier stéréotype qui vous culpabilise. Je suis belle et, oui, je peux passer des heures à me regarder ! Pourquoi tout le monde aurait le droit de me regarder et pas moi ? Pourquoi si moi j’en jouis, on m’accuse alors de « trop » m’aimer et l’on me menace de me noyer dans mon reflet ? Est-ce qu’on interdit à une femme avec une belle voix de chanter pour elle, sous sa douche ? A un cuisinier de goûter ses plats ? A une styliste de s’habiller avec ses créations ? Non, bien sûr, ils ont parfaitement le droit de jouir sereinement de leur don…

   Alors pourquoi la société nous culpabilise d’être jolie ?

   Il y a plusieurs raisons à cela. La première, d’ordre sociétal, nous indique qu’une femme qui jouit de sa beauté et qui se satisfait de celle-ci, ne sera pas une bonne consommatrice. La raison est simple, c’est le « complexe mode-beauté » dont parle Mona Chollet dans son essai « Beauté fatale. Les nouveaux visages d’une aliénation féminine» qui doit son chiffre d’affaire, à la haine constante et l’insatisfaction que la femme porte sur son physique. En effet, une femme qui naît avec tous les attraits physiques prônés par la société, ne sera pas une bonne cliente puisqu’elle a déjà tout. Tout est là. Encourager la haine de soi et de son corps fait vendre. Surtout qu’elle ne soit pas satisfaite ! Et que si, par malheur, elle s’aime, qu’on la remette sur le droit chemin. Toujours rabaisser la femme belle qui se sait belle, car elle est une ennemie, un électron libre, elle a repris justement son pouvoir.

   La deuxième raison, est d’ordre plus personnel. La beauté réveille chez celles qui ne s’aiment pas (et dieu sait qu’elles sont nombreuses !) leur propre blessure de ne pas se trouver belle. Rien n’est plus rassurant de savoir que sa voisine a, elle aussi, des complexes. Combien de belles femmes se sont rabaissées pour ne pas « déranger » ? Pour ne pas se prendre en pleine figure la haine que les femmes s’infligent d’abord à elles-mêmes. Ainsi, pour avoir des compliments, mieux vaut jouer la fausse modestie : « Moi ? Jolie ?! Merci ! ». Surtout à l’adolescence, où les jeunes filles se cherchent et où leur haine d’elles-mêmes trouve vite un exutoire sur la jeune beauté qui n’a rien demandé.

   Il s’agit aussi ici de faire la distinction entre le narcissisme et le simple fait d’aimer son physique. Dans le dictionnaire, au mot « narcissisme », on trouve cette définition : « Amour excessif (de l’image) de soi, associant survalorisation de soi et dévalorisation de l’autre. » Et voilà bien tout le problème. Dans le narcissisme, l’autre est vu comme inférieur à soi… Mais comment faire, alors, quand ce sont les autres qui, en résistance à leur propre beauté, se sentent eux-mêmes inférieurs face à votre beauté ? C’est-à-dire, que les autres projettent sur la personne belle physiquement une supériorité à laquelle elle n’aspire pas, et se placent eux-mêmes, de par leur propre projection, en infériorité. Il est plus facile alors, d’en vouloir à la personne belle, en la taxant de narcissique, plutôt que de se regarder soi-même, de se demander ce qui nous fait sentir comme cela, et de chercher où se trouve notre propre résistance. Évidemment, il existe des personnes belles physiquement qui se sentent supérieures aux autres et qui sont donc « narcissiques », mais je suis d’avis que les personnes belles ont tout intérêt à avoir un ego qui les protège des attaques qu’elles rencontreront tout au long de leur vie de par leur beauté.

« Je suis belle donc j’existe. »

   Voilà une des idées fausses, largement véhiculée par la société, qui empoisonne littéralement la vie de la jeune fille jolie (et de toutes les femmes d’ailleurs !).  Pour une femme, dont la construction se fait quasi essentiellement au travers du regard masculin, être belle signifie alors exister pour les hommes et ainsi, être « aimable ». Et c’est, là encore, ce que l’on raconte aux petites filles dans la plupart des histoires « inoffensives » : la princesse est aimée parce qu’elle est belle. Elle n’est pas aimée pour ses ambitions, son authenticité, sa fougue. Non. Juste parce qu’elle est belle. Et il est bien là le cadeau empoisonné… On vous offre la beauté, vous êtes heureuse, vous vous dîtes que vous avez de la chance, vous pensez qu’au moins vous êtes épargnée de l’effroyable défaut d’être laide ou simplement « banale » physiquement, et puis petit à petit, vous découvrez qu’en fait… Ça ne suffit pas ! Il est là le plus gros mensonge du siècle : la beauté ne peut se réduire au corps. Et le piège se referme sur sa proie…Car qu’est-ce que la vraie beauté ? Une beauté incarnée, une beauté vivante. Celle-ci ne peut se laisser définir par un corps inanimé, tel un objet déposé là par hasard.

   Et cette vérité cruciale (évidente par ailleurs), la jolie fille va vite la ressentir en butant irrémédiablement contre elle. Le plus difficile c’est quand on ne la comprend pas vraiment, c’est cela qui donne un goût amer. On est belle donc on attire l’amour, en tout cas c’est ce que l’on tente de nous faire croire, mais on se rend bien compte que ce n’est pas le cas.

On n’attire pas l’amour quand on est belle, on attire des personnes qui ont envie d’être aimées. Tous les individus qui n’ont pas confiance en eux et qui se leurrent en imaginant que l’amour va de pair avec la beauté physique, vont chercher compulsivement quelqu’un de beau, afin de se rassurer en espérant que la beauté va rejaillir sur eux. La jeune fille devient alors un faire-valoir, un trophée qui vient sublimer et justifier son partenaire.

Une relation basée sur la beauté physique est d’un vide sidéral…Et une jeune fille qui ne mise que sur sa plastique est également vide. C’est dans ses passions les plus profondes, ses convictions les plus franches, sa vivacité la plus intense que jaillit l’étincelle de cette beauté puissante et intérieure chez la personne. Il serait grand temps que les femmes comprennent qu’elles pourront se donner autant de mal qu’elles veulent pour se faire belles, elles ne seront pas plus aimables, non, elles attireront plus les hommes perdus, c’est tout.

   Et il est réellement important de bien comprendre cette vérité, pour ne pas passer sa vie sur son physique dans l’espoir d’être aimée. De plus, cette obligation d’être belle amène les femmes à se détester et les enferme dans un cercle vicieux : je me fais belle mais on ne m’aime toujours pas, donc je me déteste, donc je vais me faire encore plus belle, mais on ne m’aime toujours pas, donc je me hais encore plus, et je vais me faire encore plus belle…etc. On en vient à traquer le moindre défaut, la moindre aspérité qui viendrait, comme du vitriole, nous enlaidir et nous éloigner encore plus de notre idéal d’amour. Rares sont les femmes qui aiment leur corps aujourd’hui.

La société, en prônant la beauté comme valeur essentielle à l’amour, a déclaré la guerre au corps des femmes: « Tu veux être aimée ma fille, alors fais-toi belle, même si tu dois en souffrir. »

Les femmes deviennent alors coupables de leurs moindres défauts, car, avec toutes les injonctions, conseils, explications, sur la beauté féminine, tous les produits pour embellir le corps des femmes, si elles sont encore imparfaites, c’est qu’elles le veulent bien. C’est qu’elle n’a pas assez fait d’effort.

Mais comment a-t-on pu en arriver là ? …


Les différentes façons inconscientes de gérer sa beauté physique

   Une jeune femme belle qui n’a pas conscience de toutes ces injonctions autour de sa beauté peut alors essayer de s’en défendre. Pour cela, deux échappatoires quelque peu bancals s’offrent à elle : le contrôle de sa beauté ou l’oubli/l’évitement.

Le contrôle de sa beauté

   Souvent, les femmes très belles physiquement et conscientes de cela vont adopter la stratégie d’en « jouer », de s’en servir. C’est généralement un choix inconscient qu’il faut traduire en un acte désespéré pour maîtriser ce qui ne peut l’être : les autres, notamment les hommes.

   En effet, quand on est belle, on attire les hommes, je ne vous apprends rien. Et comme dit plus haut, on attire facilement les hommes perdus qui cherchent à se revaloriser…A force de se faire draguer, d’attirer, d’être regardée, la jeune fille, qui pense que c’est cela l’amour, va vite se rendre compte qu’elle est piégée : non seulement ce n’est pas de l’amour, mais en plus c’est souvent très, très décevant, voire dangereux. Ainsi, s’engouffrer dans sa beauté, en la sur-jouant, en s’habillant de manière sexy, en se comportant de manière lascive avec les hommes, donne à la fille un sentiment de contrôler la situation. Maintenant, je sais pourquoi j’attire. Avant c’était l’homme qui me contrôlait car j’avais besoin de son amour, maintenant c’est moi qui le contrôle car il a besoin de mon corps. Combien de femmes victimes d’abus se sont retrouvées ensuite à adopter ce comportement. Évidemment cette « technique » inconsciente est vaine et profondément décevante.

   Il est important de voir ces jeunes filles comme des femmes en souffrance, perdues dans le labyrinthe de la beauté physique et de l’amour, et non comme des « salopes » ou des « putes » qui l’on « bien cherché ». Ces jeunes filles cherchent le plus souvent à être aimées à la base, et qui face aux nombreuses déceptions, s’endurcissent et contrôlent alors leur image afin d’inverser la tendance. Ce qui est triste, c’est que cette attitude attire les hommes malhonnêtes et violents. Parce que ce « jeu » auquel la fille joue est un jeu dangereux qui l’amène, là encore, dans des situations malsaines où l’homme voudra contrôler son corps.
Pour mieux comprendre ce comportement je vous suggère de lire mon article sur ce sujet.

L’oubli/l’évitement

  Une autre partie des femmes, plutôt que de jouer de leur beauté vont en avoir peur. Consciente du pouvoir étrange que cela génère, sans pour autant comprendre de manière globale ce dans quoi leur beauté les englue, certaines femmes essaieront d’oublier ou de cacher leur beauté. A l’inverse des femmes qui l’utilisent, ces femmes vont la nier. Cela peut prendre différentes manières : adopter une attitude très masculine ou se protéger des hommes en général. Cette dernière stratégie fut mon cas. J’étais, dans ma jeunesse, ce qu’on appelle une fille inaccessible. Je ne côtoyais que très peu les garçons, mon entourage n’étant composé que de filles et d’homosexuels (où là au moins la sexualité était exclue) et tout homme essayant de me draguer se retrouvait confronté à un mur.


Là où la fille qui maîtrise sa beauté est une surdouée de la séduction, la fille qui tente d’oublier sa beauté est une surdouée de “l’anti-drague”.

 “L’anti-drague” c’est l’art de ne surtout pas envoyer de signaux comme quoi un homme nous plaît. Cela donne un air froid et hautain, qui n’est absolument pas la réalité, mais qui protège de la possible dangerosité de l’intimité et de la vulnérabilité qu’amène le désir de l’autre. Pour plus de détails sur “l’anti-drague”, je vous suggère de lire mon article sur ce sujet.

   Attention, la femme qui n’accepte pas sa beauté aime être regardée et attirer les hommes, mais cela s’arrête là. Juste être regardée, mais surtout, qu’on ne l’approche pas. Car on ne sait pas ce qui peut arriver.
Le plus souvent, ce sont des femmes qui vont juger leurs consœurs, celles qui aiment attirer, de “narcissiques”, car elles-mêmes n’entretiennent pas un lien très sain avec leur propre beauté. De plus, voir des femmes séductrices leur feront peur car cela les ramène à leur propre peur de leur « don ».

   Ainsi, quand on observe ces deux stratégies inconscientes pour tenter de reprendre un certain pouvoir sur sa beauté et sur les autres, on entrevoit le danger qui se cache derrière le fait d’être belle sans être au clair avec ce don. C’est un peu comme avancer dans le noir en tentant d’éviter le maximum d’obstacles…Il est donc grand temps d’allumer la lumière et de remettre la beauté à sa juste place.


Se trouver belle, un acte révolutionnaire

   Quelle femme, aujourd’hui, est pleinement satisfaite de son corps ? Laquelle vous dira sans complexe « je me trouve magnifique ! »? Aucune, même Miss Univers n’aime pas son corps. C’est là un constat des plus choquants. Et il est là tout le problème : les femmes qui ont décrié le féminisme car il dénonçait, à raison, le diktat de la beauté, sont des femmes qui ont envie de se faire belles, mais qui ne se trouvent pas belles. Ce sont des femmes qui veulent plaire, là où le féminisme leur dit de se plaire. Car quand on se plaît à soi, alors on plaît aux autres. Mais s’aimer, cela demande beaucoup de courage, surtout dans une société où l’on vous encourage à faire passer les autres avant soi-même.

   Accepter son corps, cela veut dire sortir du regard sociétal qui entoure la beauté et revenir à une image plus vraie de son corps.

C’est quoi un corps ? C’est incroyable un corps ! Il nous permet  de marcher, de danser, de courir. C’est à travers lui que l’on peut interagir avec notre monde et avec les autres, il est notre outil essentiel pour vivre. Rien que cela, déjà, est en soi beau.

Personnellement, je suis très fine et l’un de mes plus grands complexes était de voir mes os transparaître parfois sous ma chair. Puis, j’ai accepté cette particularité de mon corps quand j’ai compris que malgré cela j’étais tout aussi forte que les autres : je ne me suis jamais rien casser par exemple, je suis en excellente santé et quand je danse, (j’adore danser), mon corps est tout aussi harmonieux qu’un autre plus gros.


La beauté est un don

   Oui, la beauté est un don, une qualité magnifique qui inspire les autres ( j’ai écrit un article entier sur le sujet ). Mais pour cela, il est important de sortir de tous ces clichés qui la composent et que j’ai tenté de définir ci-dessus.

   Une femme, désabusée par sa beauté, peut utiliser sa beauté comme pouvoir « sur » l’autre et, inconsciemment, lui faire payer. Mais quand elle a conscience de ce don et qu’elle est en paix avec celui-ci alors, par le simple fait d’être belle et de cultiver sa beauté, elle va pouvoir amener l’autre à cultiver sa propre beauté.

   Il est donc important de remettre le concept de beauté à sa juste place car, aujourd’hui, dans notre société, celle-ci est encensée alors qu’elle ne joue, au final, qu’au tout début d’une rencontre. La beauté attire, c’est tout. Une femme belle, pour être en harmonie avec son don, doit comprendre qu’elle a ce pouvoir d’attirer facilement les autres vers elle. Il est donc d’autant plus important qu’elle développe ses qualités plus profondes, sa beauté intérieure, pour éveiller l’autre. On peut reprendre ici la métaphore de la sirène, qui attire les marins par sa voix et sa beauté envoûtante pour ensuite les noyer, sauf que là, au lieu de tuer l’autre, on l’inspire, on lui redonne confiance car nous-mêmes nous rayonnons d’assurance, de vie.

   Ainsi, quand on accepte sa beauté, c’est-à-dire quand on la vit sainement, alors elle devient comme n’importe quelle qualité que l’on peut mettre au service des autres. Surtout auprès des hommes qui sont souvent les premiers fascinés. Quand on éblouit un homme par son charme, qu’on le fascine, on a alors un pouvoir que l’on peut partager avec lui, on peut l’attirer à nous avec notre seule beauté et l’amener de manière simple à se rencontrer lui-même, à voir sa propre beauté en lui.

C’est là un don délicieux et jouissif ! La beauté a le don de désarmer quelqu’un, de le rendre vulnérable sans avoir le besoin de dire quoi que ce soit : la beauté parle d’elle-même. Cette onde de charme, utilisée avec bienveillance, transcende l’autre.

Lise M.

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34 commentaires

    • Sois belle & Dénonce

      Pour moi, ça n’existe pas des personnes “moches”, la beauté est par définition subjective. J’ai conscience d’être belle dans cette société donnée et à cette époque et pour beaucoup de personnes mais pas pour toutes. Et je ne sais pas ce que cela fait de ne pas faire parti des critères physiques étriqués de la société: mince, jeune, bronzée.. J’adorerais que les femmes qui n’en font pas parties expriment leur indignation. En parlant de la difficulté d’être belle, c’est aussi interroger la notion de beauté qui emprisonne autant celles qui sont dans ces critères que celles qui ne le sont pas. Je serais peiné à l’idée que vous pensiez que j’écris avec mépris. Mon message va bien plus loin, il ne s’arrête pas à cette dichotomie dévastatrice belle/moche. Au contraire, j’espère amener une réflexion sur la beauté et sur le fait que loin d’être une simple question d’apparence, elle est d’abord une question personnelle, notre propre regard sur nous-mêmes.
      Comme le dit si bien Claudine Sagaert dans “Histoire de la laideur féminine”: “…l’être considéré comme laid est soumis à son apparence, et il est victime d’un manque de crédibilité, d’une perte de prestige, d’une infériorisation.” dire que ces mots m’ont révoltée serait un euphémisme et, en prenant conscience du “prestige” dont je jouis par ma beauté physique, j’avais envie de parler de cette beauté qui m’a enfermée et qui en enferme plus d’une, et qui dévalorise sournoisement toutes les femmes qui sortent de la norme absurde des magazines.
      Quand je lis votre commentaire, je me rends compte, aujourd’hui, de l’urgence de pointer du doigt ces critères, ainsi que le mal-être qu’ils véhiculent.

      • Freethings

        C’est dommage d’être dans le déni au sujet de la laideur. Évidemment tout est relatif, la beauté comme la laideur. Mais si les deux concepts existent c’est qu’ils sont corrélés à une certaine réalité. Les femmes “moches” existent donc bien. Soit par déformation infime ou spectaculaire, ou encore par construction sociale avec des critères relatifs à une société donnée. Je trouve intéressant votre point de vue mais j’aurai souhaité vous voir prendre en compte la laideur dans votre philosophie, plutôt que de dire que les femmes moches n’existent pas. À moins de vivre dans l’absolu !

        • Freethings

          J’ai mis femme car c’était assez orienté beauté féminine vos conseils de lecture mais j’aurai pu mettre personne à la place du mot femme

        • Sois Belle & Dénonce

          Bonjour Freethings,

          Merci pour ton commentaire,
          Par contre, je ne sais pas très bien d’où part votre réflexion que “je suis dans le déni au sujet de la laideur”, soit, peut-être, de ma réponse à un vieux commentaire “et quand on est moche, on fait comment ?” ou quand j’en parle dans mon article “Oui mais c’est quoi la beauté ?” ?
          En tout cas soyez sûr(e) qu’aujourd’hui j’ai bien conscience qu’il existe des gens beaux et des gens moches, mais il est vrai que j’ai fait le choix de ne pas utiliser le terme “moche” qui a une connotation d’insulte que je n’aime pas, je préfère donc parler de femmes “qui ne sont pas dans les critères”.

  • Cha

    Oui, un mélange de difficultés et de privilèges je dirais. Parfois je me dis qu’avoir été (souvent, pas toujours non plus, on m’a parfois taxée de “thon” ou de “boudin” (vive l’adolescence !)) physiquement dans les normes en vigueur n’a pas changé grand chose à ma vie. J’ai eu à la fois le bénéfice de plaire davantage aux gens en général (une personne conforme aux diktats étant impérativement mieux acceptée pourvu qu’elle soit souriante et qu’elle “n’en fasse pas trop”) ET celui d’agacer sans rien demander à personne (cette même personne pouvant être perçue comme bête, superficielle, vaniteuse… et suscitant diverses jalousies et frustrations masculines).

    Quand je dis que ça n’a pas changé grand chose, c’est que… comme beaucoup sans doute – et même si ma sensibilité exacerbe pas mal les choses – j’ai souvent souffert d’incompréhension et d’indifférence, alors oui sur le coup je pouvais (et je peux encore) certes attirer des hommes mais une fois que ces derniers découvraient que je n’étais pas suffisamment docile et apte à obéir à leurs caprices, je me faisais souvent larguer comme un mouchoir dégueulasse et morvonneux. Je passe outre les fantasmes, projections et harcèlements divers qui par ailleurs peuvent finalement être le lot de… toutes les femmes.

    Je suis celle à qui les hommes imposent trop souvent la bise, je suis celle qui ne peut rester bien longtemps seule au cinéma, la place vide à côté d’elle.
    Je suis celle qui hélas a exaspéré sans le vouloir certaines de ses copines car beaucoup venaient me draguer moi et pas elles.
    Et bien jeune aussi j’ai été mise face à des comportements que je ne savais pas… que je ne sais toujours pas gérer, effectivement.

    Aussi on ne me laisse pas souvent le droit de demeurer seule, sans propriétaire officiel.
    Bref, j’intrigue et j’agace, on m’admire parfois et cela me gêne. J’aimerais qu’on valorise davantage mes compétences, mes qualités humaines.

    Sinon je ne pense pas que les femmes perçues comme étant belles l’ignorent. Je ne trouve pas non plus qu’il faille être fortuné-e-s pour s’ôter les poils ou se maquiller.

  • Jane

    Merci beaucoup d’avoir eu le courage pour une telle prise de parole qui va à l’encontre des idées reçues.

    Depuis quelques années, que ce soit avec les programmes télévisuels de relooking, les innombrables chaînes youtube, ou les magazines, on assiste à un véritable mouvement pour décomplexer les femmes et faire en sorte qu’elles se mettent en valeur, en dépit de quelques rondeurs et autres menus détails qui ne feraient pas partie des diktats : tant mieux ! Oui, une femme peut être superbe lorsqu’elle dépasse la taille 36, évidemment une autre peut être sublime avec un léger strabisme etc etc…C’est une avancée considérable : on peut s’affranchir du sacro-saint modèle imposé par la pub et la mode. Ces femmes-là, on les admirera même, pour avoir osé assumer leur singularité…

    En revanche, pour celles qui ont la chance – ou le malheur – d’avoir peu de remises en question à faire pour qu’on les dise “belles, séduisantes, charmantes”… la guerre leur est déclarée…oui, c’est cela, une guerre.
    Elles deviennent dangereuses, la paranoïa s’installe : séductrices dont il faut se méfier pour les femmes, séductrices à conquérir pour les hommes (mais qui seront difficiles à préserver des autres hommes alors..possessivité, jalousie et tendance à faire en sorte qu’elles n’illuminent pas trop lorsqu’elles deviennent “leur” compagne)…Sans compter qu’en plus de cela, qu’elle que soit leur attitude, elles auront toujours tort : si elles restent modestes, on les accusera de fausse modestie (“Elle le fait exprès pour me narguer ? Elle ne sait pas qu’elle est canon peut-être ?!”) ; si elles assument leur beauté, on les accusera de manquer cruellement d’humilité (“t’as vu comme elle se la raconte ?”) …coupables, donc, et sans circonstances atténuantes.

    Merci, donc, pour cet article 🙂

    • Sois Belle & Dénonce

      Merci beaucoup Jane ! 🙂
      Ce que tu écris est tout à fait pertinent, je suis parfaitement d’accord 😉
      Merci pour ce soutien !

  • Lilas

    Ma courte vie m’a appris ceci; il existe deux sortes de regards envieux. Ceux des hommes, flatteurs jusqu’à déplacés. Et ceux des femmes, froids et soulignant leurs propres insécurités. Oui je suis belle et devinez qui était la première au courant? Moi. J’en profite et si l’on me trouve narcissique à cause de cela, tant pis! J’avais une amie jalouse et avec une pauvre estime d’elle-même. Devinez qui à été rayée de la carte parce que Madame pensait que j’avais un oeil sur son petit ami? À toutes les belles filles, si cela vous arrive, je dois affirmer qu’il existe des moments plus prometteurs en ce qui concerne vos relations amicales mais gardez en tête que cela reste un compliment. Douloureux, mais un compliment quand même. Trop belle pour te côtoyer toi et tes insécurités ma p’tite? Merci bien ciao et bonne vie avec ton mec qui fantasme de moi à ta place sous les draps! (; Ouch, la vérité est une pilule qui passe souvent de travers à ce qu’il paraît…

    • Sois Belle & Dénonce

      Bonjour Lilas,
      Je reconnais volontiers qu’il est loin d’être évident d’être ainsi écartée juste parce qu’on est “plus jolie” et que la personne qui nous rejette n’est pas encore capable de voir sa propre valeur. C’est l’une des plus grandes difficultés auxquelles les femmes qui correspondent aux canons actuels doivent faire face: l’envie des autres femmes, qu’elle soit évidente (comme dans ton cas) ou plus diffuse. Car la société nous inculque dès l’enfance que la valeur d’une femme sera proportionnelle à sa beauté, ce qui provoque un désastre sur l’estime de soi des femmes.
      Il est donc important de prendre du recul et d’observer à quel point le système nous divise entre femmes et à quel point il est urgent aujourd’hui d’en parler afin d’éviter les projections sur l’autre. Ouvrir les yeux sur cela nous permet aussi de nous réapproprier notre valeur, sans attendre qu’elle soit adoubée par les autres.
      En tant que femme dite “belle” il faut acquérir la sagesse nécessaire afin de comprendre les femmes qui se sentent menacées par nous. Cela nous permet ainsi de ne pas tomber dans le mépris ou la haine que l’on nous renvoie parfois et qui risque d’attiser cette division entre les femmes.

      Dans tous les cas, je te remercie pour ton témoignage 🙂

  • SARAH

    J’ai 31 ans et depuis que je vis en Ile de France j’ai beaucoup de mal avec la gente masculine et le regard qu’ils portent sur mon physique … je me bride, je ne m’habille pas et ne me maquille pas comme je le souhaiterais, à cause de la perversité et du harcelement de beaucoup.
    Je m’autorise moins à me ” faire belle “, à la feminité ici, je ne me sens libre de rien dans l’espace public, par le simple fait d’être une femme, et jolie.
    En ce moment il fait trés chaud, je garde mes vetements legers pour les vacances dans le sud et le retour dans ma region, histoire d’eviter les problèmes, je suis un peu traumatisée de mesaventures qui me sont arrivées dans la rue et le metro :-/ alors je me camoufle. Cette idee me derange profondement. Ca n’arrive pas qu’aux femmes jolies, mais tu attires quqnd même un nombre impressionants de pervers

    Jespere bientot quitter la region pour retrouver un peu plus de liberté en province, meme si les harceleurs et les pervers sont partout, je n’ai jamais eu autant de pb qu’ici. ( attouchements, insultes quand tu ne reponds pas aux sifflements ou ne dis pas merci a un commentaire par exemple …. )

    Depuis l’adolescence on m’accoste, commente sur mon passage etc, j’ai toujours eu beaucoup de mal a gerer ca, car je suis qqn de reservee et pudique et trouve les hommes tellement sans gènes.
    Je deteste etre abordée par un inconnu,ou qu’on donne son avis sur ma personne, ca me met mal à l’aise et j’attire beaucoup de tordus.

    Le pire je trouve, dans le fait d’être une jolie femme, c’est le rapport aux autres femmes …
    Hier encore a la caisse d’un auchan, deux jeunes femmes derriere moi crachait leur venin en parlant de ma plastique … assez discretemdnt pour que je l’entende, j’avais une robe longue et couvrante, un peu sportwear, avec des baskets mais qui mettait en valeur ( tranquillement rien de vulgaire, jamais ) ma taille fine et mon fessier bien proportionné… ca m’arrive souvent.
    Il ne fait pas bon d’être trop bien, entres femmes …
    Souvent je perçois des regards noires dans la rue aussi.

    Qui plus est les reflexions meme quand tu t’habilles simplement mais que tout te vas, et que sur toi avec un beau corps bien proportionné le vetement devient vite ” sexy ” comme ils disent.

    Mais le pire pour moi a ete d’integrer une equipe au boulot, uniquement composée de femmes …
    Dont deux qui avaient pour seul sujet de conversation leur poids, celui des autres, les fringues moches qu’avaient unetelle aujourdhui et la stagiaire qui avait doublé de volume depuis son arrivée … au secours !
    Sentir le regard en coin qui te scrute de la tête aux pieds, les medisances, les deformations etc …
    Quelle horreur. C’est devenu un critere important pour moi que de ne plus me retrouver dand une equipe non mixte.

    Du coup je ne m’associe qu’avec des femmes assez bien dans leur peau pour ne pas être haineuse et qui en ont dans le crâne … mais cest usant.

    Bref, je suis contente de ce que la nature m’a donné, mais effectivement il y a beaucoup d’incomprehensions et de prejugés de la part des autres, des personnes un peu plus ” ordinaires ”

    Attention je ne me prends pas pour miss univers mais sort un peu du commun quoi, on va dire

    • Sois Belle & Dénonce

      Merci pour ton témoignage Sarah !
      Je pense que de nombreuses femmes se retrouveront dans ce que tu dis 🙂

  • Hogard

    Hummmm comme ça fait du bien de lire cet article.. A l aube de mes 50 ans, je me bat encore pour exister autrement que physiquement aux yeux des autres, je me bat encore contre la jalousie des autres…c est épuisant !
    Vlka

  • Selvina

    Il y a un passage que tu décris qui décrit ce que j’ai déjà vécu qui est si intime à moi…quelques fois je sors un miroir et je suis étonnée du reflet de cette jolie fille qui s’y trouve. Il y a quelques jours on m’a fait culpabiliser d’être trop belle, que je represente même une tentation au divorce. C’était absurde j’en ai ris puis un jour plus tard quelque chose s’est deposé en moi toujours cette culpabilité de représenter un danger… Quand un homme me courtise il a peur de me dire que je suis belle de peur que mes chevilles enfles donc cela provoque l’effet contraire, alors ce sont des phrases maladroites qie ces personnes mal dans leurs peaux sortent de travers… récemment un homme que jinteresse visiblement qui est somme toute adorable me dit: moi je te trouve mignonne maks cathy te teouve vraiment belle. Mais pour moi t’es mignonne. Voilà encore quelqu’un qui n’assume pas et je me retrouve face à des personne qui préfère amoindrir mon image ou en me lançant des piques pour leur propre confort au nom de leur propre malaise intérieur.

    • Sois Belle & Dénonce

      Merci Selvina pour ton témoignage 🙂
      Ne te laisse jamais amoindrir par les autres où réduire à ton simple physique 😉

  • Mme A

    Merci pour cet article très pertinent dans lequel je retrouve ma propre réflexion! Oui, avant d’assumer le chemin est long. Avant de comprendre que nous sommes bien plus que cette image que nous renvoyons, le chemin est encore plus long. Les collègues sont terribles. Et malheureusement, les collègues féminines encore plus (j’aimerais ne pas écrire ça, mais c’est hélas ce que j’ai constaté encore il y a peu: à chaque fois que je sympathise/discute/ris avec un homme, elles médisent. Les hommes aussi, maisles femmes sont les pires. J’ai beau être avec le même homme depuis des années, ça ne change rien). Comme toi, Selvina, un jour un homme visiblement très intéressé m’a diminuée (hors propos, de façon très déplacée, je lui ai certainement pas demandé son avis), peut être pour « se démarquer », peut être pour se rendre plus intéressant à mes yeux, peut être pour se rassurer lui-même… Peu importe, j’ai horreur de cette malveillance et je le lui ai tout simplement dit: il a été choqué.

    • Sois Belle & Dénonce

      Merci pour ton témoignage, c’est toujours difficile de savoir comment se comporter face à la médisance, la jalousie et les tentatives de rabaissement.. Je trouve ça inspirant de voir que juste en lui exprimant ton ressenti tu l’as désarmé 😉

  • DEGREZ

    Merci pour cet article passionnant, réaliste, éclairant.
    Je crois que c’est en effet plus difficile que ce qu’on croit de vivre avec ce ‘don’, dans ce monde-là.

    Pour ma part, par exemple, j’ai eu le droit à un discours de départ, à l’occasion d’une mutation professionnelle, extrêmement dévalorisant.

    C’était censé être de ‘l’humour’, mais c’était chargé de sous-entendus, pas toujours très sous-entendus d’ailleurs…

    En résumé, j’aurais eu mes diplômes et mon poste grâce à mon physique (je vous épargne les termes employés), mais j’étais bien plus futée que je n’en avais l’air (merci !), etc, etc
    Bref, le cauchemar ! Le tout devant une assemblée de gens hilares et/ou gênés, pendant ce qui m’a semblé une éternité.

    J’ai aussi une amie très proche, avec laquelle j’ai même vécu, qui refuse catégoriquement de me présenter son conjoint de peur que je ne lui plaise. Elle m’a affirmé craindre le jour de son propre mariage parce qu’elle se voit pas ne pas m’y inviter (merci!).

    Cela va faire cinq ans qu’elle est en couple avec lui et je ne l’ai pas vu une seule fois, avec l’éloignement que cela implique à tous les niveaux.

    Des anecdotes comme celles-ci, j’en aurais un paquet, mais pour conclure je dirais que ça a eu des conséquences dramatiques :

    – Je n’assume pas ma beauté ou je me trouve moche et j’ai l’impression que les compliments que je reçois sont des mensonges.
    – Je suis devenue très méfiante voire parano à l’égard des femmes.
    – Je n’ose plus me mettre en valeur que ce soit physiquement ou socialement (je suis pourtant très avenante)

    C’est agréable de pouvoir aborder ce genre de soucis. Merci encore.

    • Sois Belle & Dénonce

      Merci beaucoup DEGREZ pour ton retour, je le trouve très touchant. Cela me rend toujours triste de voir à quel point il est difficile d’assumer sa beauté dans un monde où pourtant elle est glorifiée.. Peu de gens se rendent compte que la beauté physique peut enfermer et handicaper les femmes.
      Je suis très heureuse que cet article ait pu t’aider un peu !

  • Natalie

    Bel article. Bien écrit et qui a mit en mots ce que je vis depuis toute petite…J’ai beau avoir étudié, m’être accomplie et être en couple depuis 18 ans, il m’arrive encore de souffrir de mon apparence, de ce que cela suscite (chez les femmes surtout) dans mon travail…Je reviens de l’épicerie et j’ai été la cible d’une femme mal dans sa peau qui me dévisageait d’une manière réellement désagréable et j’ai eu du mal à contenir la colère que cela a généré en moi…Il y a très longtemps que j’avais ressentie ça et j’ai été déçue de moi-même, croyant en avoir fini avec ces histoires…Il faut croire que nous avons tous nos mauvais jours…Lire votre article m’a fait du bien. Je me sent un peu moins seule et c’est libérateur. Merci.

      • Charlotte

        Je dis ouf … ou enfin … je suis vraiment contente à cet instant précis d’avoir lu cette article. Je me sens très seule, je ne sais jamais à qui en parler de peur d’être ridicule ou bien d’en faire trop, j’ai toujours voulu connaître une femme « belle » comme moi qui inspire admiration, fantasme, jalousie, haine, mesquinerie et tant d’autres … Parfois je me dis que j’aurai aimé être différente, être plus petite, plus grosse, les traits moins marqué « comme si j’avais fait de la chirurgie esthétique » et dieu sait que dans ce monde c’est difficile d’assumer un naturel, car bien évidement en 2019 si tu es belle c’est que tu es refaite ou alors très superficielle.
        J’attendais depuis bien longtemps un article comme ça, c’est très dur pour moi d’écrire ce commentaire, il y à quelques larmes qui s’échappes de mes yeux … ma vie est tellement dure à cause de ça, dans le travaille c’est une horreur, les femmes ne veulent pas de vous car vous leur faite de l’ombre et les hommes quand ils s’aperçoivent qu’ils n’auront rien de vous, vous font subir un enfer. Je ne sais plus quoi faire .. peut être changer de pays, peut être qu’ailleurs ma beauté serait mieux acceptée … je ne sais pas, je ne sais plus …

        Cela dure depuis que j’ai 11 ans j’en ai 23 et ce n’est pas pré de s’arrêter. Depuis toute petite à l’école les professeurs me disaient que j’étais peut être belle mais bon « qu’il n’y avait pas que ca dans la vie » … ou bien que j’étais comme Victoria de la roue de la fortune que je ne servais qu’a tourner la roue de la fortune … et tant d’autres … on me faisant comprendre qu’une fille belle ne pouvait qu’être belle. Au lycée je suis partie en dépression à cause de ça, les élèves m’appelaient la bimbo, la barbie .. et les professeurs me rendaient des copies, des devoirs, des contrôles en me disant que je ne méritais pas de note car ce n’était pas possible qu’une fille comme moi fasse un devoir aussi subtile. Une fois un professeur m’a dit que je devais arrêter de lire des magasines de mode et me mettre plutôt à lire du Shakespeare. J’ai du au final passer mon bac en candidate libre car à 4 mois avant de passer l’examen j’ai arrêter le lycée, la cause : les professeurs et les élèves m’ont persuadés que j’étais belle .. mais bête, et oui compliqué pour obtenir le baccalauréat.

        Ca m’a valu deux ans de dépression, de dégouts, de penser réellement que je ne pouvais pas faire d’études comme tout le monde et que j’étais vraiment douée pour être belle, avec un très joli corps et bien maquillée mais c’est tout.

        Psychologiquement j’ai tout de même voulu avoir ce diplôme que j’ai d’ailleurs eu. Mais malheureusement le retard étant prit j’ai effectivement pas fait d’études et me suis cantonnée un peu à ce que tout le monde pensait.
        J’en ai marre d’être belle et j’aimerai être considéré comme tout le monde et avoir la vie de tout le monde mais je ne peux pas !!!!

        Je suis belle et c’est un handicap dans ma vie et tout les préjugés, la haine, la jalousie autour de ça est très difficile à vivre, et petit à petit je m’efface …

        • Sois Belle & Dénonce

          Merci pour ton témoignage Charlotte, je suis peinée par la douleur que l’on perçoit dans ton message.. C’est vraiment violent ce que tu as vécu: tous ces préjugés sur ton physique. C’est incroyable que l’on en soit encore à faire rimer beauté avec superficialité… Surtout de la part de professeurs !
          C’est choquant !

          Je te souhaite vraiment d’arriver à accepter ta beauté et d’en faire une force. Ton histoire nous montre à quel point être belle peut être un bagage lourd à porter, merci de la partager ici.

  • ludwig

    C’est un texte vraiment intéressant. Il est même en quelque sorte rafraichissant. Il se trouve que j’avais jadis écrit quelques articles de psychologie et de psychopathologies sur les réseaux de rencontre. D’autre part je crois la route de jolies femmes et je suis toujours intrigué par ces très jolies femmes qui ne savent pas qu’elles sont jolies. C’est pour elles un sacré problème! Mais bien entendu je me souviens d’une femme d’une beauté exceptionnelle beauté dont le destin fut assez cruel. Je lui ai dit un jour. «Tu sais très bien que tu as souffert à cause de ta beauté». Sa réponse fut désarmante. « Mon Dieu je souhaite que tu me répète ça assez souvent ! »

  • Alexandra

    Je n’ai qu’une réponse : merci.
    J’aurai juste une question.
    Comment fais-tu pour ne pas être gênée au quotidien, par ces regards, qui sont omniprésents ?
    Merci d’avance et excellente continuation !

    • Sois Belle & Dénonce

      Bonjour Alexandra, merci à toi !
      Pour ce qui est des regards, ils ne sont pas “omniprésents”. En tout cas, pas à ce point-là, dans le sens où je ne me sens pas constamment regardée. Et si c’est le cas, j’ai depuis longtemps pris l’habitude de ne pas regarder les gens dans les yeux dans la rue. Je vie également en couple ce qui me permet de me sentir plus en “sécurité” à l’extérieur aux côtés de mon compagnon.
      Après, dans mon cas, je sais que je me sens gênée par un regard lorsque je sens que l’intention de l’homme derrière est dégradante à mon égard. Et il y en a pas mal.
      Ceci dit, je pense que j’assume de plus en plus ces regards au fur et à mesure que j’accepte profondément ma beauté, ses privilèges comme ses inconvénients. J’essaie de me rappeler que ma beauté peut le ramener à son cœur, même pour un instant. J’ai arrêté de penser ma beauté comme une “malédiction” ou un “cadeau empoisonné” mais comme quelque chose de sacré qui a un impact positif dans le monde. Pour cela, j’ai dû sortir des clichés comme quoi la beauté est superficielle et sexuelle. Elle est d’abord un don que l’on vit intimement avec soi-même, pour ensuite le partager avec les autres.
      Pour plus de précisions à ce sujet, je te conseille de lire mon article “à quoi sert la beauté ?” qui explique le don qu’elle peut être.

      J’espère avoir répondu à ta question, excellente continuation à toi aussi !

  • Zyrki

    Bonjour,

    Merci beaucoup pour cet article très intéressant. Je me retrouve dans vos propos.

    J’ai un parcours un peu différent du votre, j’étais la fille considérée comme laide. J’étais laide dans le regard des autres mais surtout dans le mien. J’ai grandit en me détestant et en jalousant celles qui étaient belles. J’étais incapable de comprendre que si la laideur a un prix c’est également le cas pour la beauté.

    Je voulais être jolie, persuadée que ma vie serai infiniment meilleure. Après des années de souffrance et d’effort, je suis techniquement jolie. Pourtant, mon estime de moi reste faible et je ne suis ni plus heureuse ni plus aimable. Peut-être parce que pour être aimé, il faut déjà s’aimer.

    C’est une drôle d’impression d’être de l’autre côté du miroir, de découvrir le mépris et la jalousie que l’on suscite. D’affronter les remarques sur la corrélation évidente entre mon physique et mon intellect.

    Je ne regrette pas ma décision, seulement d’avoir naïvement pensé qu’il suffisait d’être beau pour être heureux.

    Bonne soirée

  • Marie

    Qu’il est difficile de sortir du lot, aux 2 extrêmes de la chaîne.

    En vous lisant, je m’amusais à faire des parallèles avec ma situation de femme considérée comme très laide (avec tout ce qui va avec : laideur physique étant associée à hargne, jalousie, faute personnelle par incurie, absence de volonté, refus des règles communes, introversion etc. etc.). Dans le désordre :

    Les commentaires incessants sur le physique que tout le monde se permet de faire (dans la rue, au travail, dans la famille, les amis qui pensent bien faire pour aider à “s’améliorer”). C’est incessant, tout le temps, sur toutes les parties du corps, visage, je pense qu’il n’y a que mes mains qui n’ont jamais suscitées de commentaires. On se permet beaucoup (trop) avec une belle, on se permet beaucoup (trop) avec une très laide.

    Les regards auxquels il n’est pas possible d’échapper et dont on essaie même pas de faire mystère – aucune discrétion – (ou si, mais il faut y avoir réfléchi et adopter des tactiques de défense, somme toute assez efficaces). Les hommes sont terrible mais – certaines femmes – aussi.

    Le parasitage des relations amicales avec les femmes : ici, elles ne se sentent pas menacées mais rabaissées (une copine moche OK mais très laide c’est absolument un repoussoir social). La majorité des femmes ont intériorisé la hiérarchisation des femmes faite par les hommes selon les critères de beauté et se l’appliquent entre elles. Certaines le font par impuissance et manque de réflexion (et de curiosité vu la diffusion des analyses et savoirs à une portée de clics), certaines par plaisir et malveillance. Je suis compatissante avec les 1ères, méprisantes avec les secondes.

    Les hommes qui veulent – très rarement – sincérement d’une amitié.

    Les relations de travail qui sont très difficiles par jugement presque instantanné et assez généralisé.

    La réduction de tout l’être à un physique et au seul physique. Ebloui ou repoussé selon que belle ou très laide, c’est la personne qui est refusée pour ce qu’elle est.

    La nécessité vitale (pour exister pour soi même et avec soi même, pour exister en tant que sujet et non objet pour les autres), de développer un peu plus d’energie et de réflexion que les femmes bénéficiant d’une situation plus commune. Ce qu’on vit est extra- ordinaire, Quelle singularité ! belle (20 % des femmes ?) ou très laide (5% ?) nous sommes une minorité et peu de gens peuvent spontanément mesurer les incidences exactes sur nos vies. D’où l’importance du témoignage pour au moins permettre l’empathie de ceux qui sont intéressés par l’expérience de leur prochain.

    Etc. etc. A l’infini.

    Comment on se sort de tout ça ?

    Déjà, et je ne sais pas comment cela est possible et cela a été ma grande chance, je ne me suis JAMAIS trouvé laide, vu tout ce qui est mis derrière. Aucune idée d’ailleurs de ce qu’est la laideur – pour moi – comme pour les autres. Je sais simplement ce qui m’attire physiquement, ce qui ne m’attire pas. La beauté comme la très grande laideur ne sont pas un problème en soi, c’est ce qu’on en fait qui en font des difficultés. L’enfer c’est les autres.

    Je trouve les autres, pour peu qu’ils soient authentiquement gentil (sans être niais ni victime) ou intelligent ou original ou tout simplement là et bien là, émouvants. Emouvants au sens sentimental du terme mais aussi attirance physique. D’où ma très grande incompréhension de tout ce que j’ai pu susciter tout au long de ma vie. Et l’intime conviction que belle ou très laide, on ne mérite pas ce qui nous arrive. On le vit c’est tout.

    Je n’ai découvert que très récemment la jalousie sur le physique (après mes 40 ans) et c’est ce sentiment assez dégradant qui m’a amené à faire des recherches et tomber sur ton témoignage et celle d’autres femmes belles. La curiosité face à quelque chose qu’on n’arrive pas à gérer seule est un bien précieux. Me voici, de nouveau, comme dans mes plus jeunes années, en empathie avec les très belles. Je suis heureuse de me retrouver comme je m’aime et m’estime. Aussi merci pour ton article et quelle opportunité de bénéficier d’un support qui permet de garder trace de tout ce qui s’écrit pour qu’on puisse bénéficier de la parole des autres mêmes des années après.

    Les femmes commencent à réfléchir (il était temps … bien qu’occupées à enfanter jusqu’à l’avénement de la contraception et après à s’épuiser à entrer dans les normes inatteignables, tout est fait pour qu’elles restent complètement alliénées). Certaines sont complices, d’autres manque de curiosité et ce n’est pas parce qu’on est une femme qu’on est bienveillante ou intelligente ou solidaire. Mais je vois des évolutions, des liens de sororité qui se font. Sur cette pierre nous construirons un monde plus doux, pour et entre gens de bonne volonté. Je ne suis pas altruiste de nature, je laisse volontiers les autres à leur préoccupations, frustrations, victoires et exultations.

    Pour les hommes, l’horizon me semble plus incertain, la pression du groupe, l’impossibilité – pour la majorité -de se détacher du regard des autres hommes quant au choix de leur compagne ou coup d’un soir les rendent totalement allienés à la beauté, à la frustration physique et social de ne pas réussir à “s’en faire une plus belle”. A eux de faire leur révolution, de réfléchir à leur masculinité, aux pressions qu’ils se mettent les uns aux autres, de l’utilité pour les rendre heureux des concours de celui “qui aura la plus grosse” dans beaucoup d’aspect de leur vie, à tous les âges, dans toutes les catégories sociales. Je pense que l’instinct du chasseur existe bien mais il n’excuse pas les comportements dégradants envers celles qui les éblouissent et celles qui les indiffèrent.
    Sauf exception, je leur reconnais à tous la capacité de comprendre que leur fascination ou leur dégoût sur le physique féminin est pour grande partie une construction. Et donc jamais une excuse à des comportements oppressants.

    J’apprécie beaucoup dans tes écrits la part de divin que porte la beauté et par extension chacun de nous. J’y adhère complètement et c’est pour ça qu’à mes yeux j’ai toujours été belle, un corps vivant portant un être bien vivant et que les critères normés ne m’ont pas -beaucoup- atteintes dans ce que je suis. Juste créer des obstacles spécifiques, parfois insurmontables, dont je me serai bien passé. Plus je suis, plus je gagne en expérience, plus je me trouve belle, quel cadeau de la vie ! Je suis genée d’utiliser le même mot pour beauté physique et beauté “divine” mais comme pour moi, il s’agit bien d’attraction des êtres, je garde ce mot.

    Maintenant tout ça c’est bien “beau” …. mais quand l’estime de soi est tellement alliénée par les critères de la société (tais toi tu es trop belle, tais toi tu es trop laide, et vous n’êtes que ça) et qu’on a pas eu la chance d’avoir des prédispositions à la curiosité ou à la réflexion, ça se passe comment ? Diffuser des témoignages ? dire aux belles qu’on les trompe pour mieux en profiter, que la beauté ne suffira jamais et qu’elles devront bosser leur être et leur capacité à aimer les autres pour comment ils les considèrent (comme des êtres humains) ? Dire aux très laides qu’elles ne sont coupables en RIEN de ce qui leur arrive et que la première personne dont elles doivent chercher l’amour c’est elle et que certaines autres femmes et certains hommes pourront être émus intellectuellement et physiquement ?

    J’ai l’impression que “notre” génération doit enclencher le travail mais qu’on se prend toutes les avanies. C’est assez décourageant mais tellement excitant car dans la logique de transmission qui a toujours fait “grandir” l’espèce, chacun à notre humble niveau et dans notre espace social de toute façon réduit.

    Bonne route aux 2 extrêmes très belle / très laide, et à toutes les autres dont le vécu différe et qu’il est tellement enrichissant aussi d’entendre.

  • Léa

    Vous n’êtes plus active sur ce blog ?
    Je souscris parfaitement à vos propos.
    A 26 ans, j’arrive enfin à m’accepter, à m’approcher d’un rapport serein avec mon corps.
    Ni “très belle”, ni “très laide”, je n’ai jamais été discriminée que ce soit par la beauté ou la laideur, mais j’ai toujours été bourrée de complexes. Et mon nez, et mes cheveux, et mon corps, etc…
    Aujourd’hui, j’ai un rapport plus pacifié et bienveillant. Je comprends que j’ai un corps bien vivant et fonctionnel avant d’être un objet esthétique à destinée purement ornementale.
    Osons être nous, osons être belle, osons être laide, osons nous contempler dans le miroir et nous regarder telles que nous sommes, présentes, fascinantes, des sorcières sans limites.
    Et fuck le patriarcat 😉

    • Sois Belle & Dénonce

      Merci pour votre partage Léa !
      Non cela fait quelques années que je n’ai pas alimenté mon blog.. Mais j’ai toujours plaisir à lire les commentaires ! 😉

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